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 astrid + something about you makes me feel like a dangerous woman

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Dim 27 Déc - 2:18

Astrid Rose Sjölander






identité

NOM : Astrid, la force divine venue de Suède. Rose, ou Rosey pour les intimes, le côté romantique inavoué de sa mère et prénom qu’elle utilise pourtant dans sa carrière de mannequin. Sjölander, nom typiquement suédois.

date de naissance : 21 février 1994, 22 ans.

Lieu de naissance : Las Vegas, Nevada. Accident de parcours si vous voulez son avis. Effectivement, son père est un suédois de pure souche originaire de Stockholm, et sa mère est dominicaine et brésilienne et n’était venue aux Etats-Unis que pour rendre visite à son frère. Il faut croire que la naissance de leur fille a été l’élément déclencheur pour que le couple s’installe définitivement aux Etats-Unis, dans la belle ville de New York.

PROFESSION : La belle a commencé une carrière de mannequin à treize ans à peine. Puis en parallèle, elle a réussi de brillantes études de droit et de philosophie à Harvard qu’elle a fini à dix-huit ans – une mémoire eidétique et un QI de 187 ont certains avantages – mais il semblerait que ce soit compliqué pour une gamine de son âge d’entamer une carrière d’avocate, une question de crédibilité à ce qu’il parait. M'enfin c'était avant de tomber sur le parfait employeur, merci daddy Wzyciski. Elle s’est également reportée sur les relations publiques un certain temps histoire que ses relations avec la jet set lui soit utile. Mannequin, DJ expérimentale, égérie, avocate de plusieurs grandes marques et d’une boîte de nuit newyorkaise, elle cumule les activités.

ORIENTATION SEXUELLE : Astrid aime les belles blondes, Rosey a un faible pour les bruns bien bâtis. Disons plus simplement qu'elle est bisexuelle bien qu'elle n'aime point les étiquettes.

SITUATION AMOUREUSE : en couple depuis presque deux ans, mais c’est loin d’être la divine et parfaite idylle entre elles.

GROUPE : hurricane drunk.
caractère

brillante est clairement le mot qui lui colle au coeur et elle ne manquera pas de le rappeler au monde entier; arrogante et très sûre d'elle; altruiste, du moins ça lui arrive; ambitieuse; ouverte; enchanteresse; provocante; exigeante; self-centered; jalouse.


autres choses à savoir

Astrid est une fille perfectionniste qui prend sa carrière au sérieux. Et si le droit semble l’exclure en partie pour l’instant, ça ne l’empêche pas de suivre l’actualité juridique tous les jours, que ce soit aux Etats-Unis, en Europe ou en Asie. Elle connait d’ailleurs  le code civil dominicain par cœur, ainsi que la Constitution américaine. + Sa mémoire eidétique lui a rendu de nombreux services lui permettant de cultiver son immense culture générale. Elle pourra vous parlez de presque tout avec le sérieux d’une diplomate si besoin. Elle parle d’ailleurs un bon nombre de langues et adore s’en vanter. + Son côté mannequin fait qu’elle est très exigeante avec elle-même en ce qui concerne son alimentation, ce qui lui donne un côté obsessionnel. Mais bon à côté, elle a créé sa propre marque de cookies bio et elle reverse les fonds à une association qui lutte pour les droits des habitants des favelas au Brésil, pour les faire vivre dans des conditions plus décentes. + La belle déteste être à la traîne sur les dernières tendances et passe un temps fou pour connaître tout avant tout le monde. + Elle possède une tortue, ce qui est plutôt pratique lorsqu’elle a un surplus de salade dans son assiette. + C’est une mordue de littérature. De Hugo à Dickens, en passant par Steinbeck, la belle a une bibliothèque monstre. D’ailleurs petite elle passait son temps à rejouer les scènes de ses bouquins préférés, prenant son frère et sa sœur pour acolytes si besoin.+ Elle lit bien au moins un livre par semaine. + Elle fait du yoga trois fois par semaine, un peu de basketball et de la natation autant de fois qu’elle peut. + Partez du principe qu’elle a toujours raison, parce que de son point de vue, elle n’a de toute façon jamais tort. + Il semblerait qu'elle ait quelques problèmes de pyromanie sans conséquence, disons qu'elle est attirée par la beauté du feu et garde toujours un briquet sur elle bien qu'elle ne fume pas. Un vrai volcan. + La demoiselle est bouddhiste depuis l'âge de quatorze ans, elle a un profond respect pour Bouddha que voulez-vous. Il semblerait néanmoins qu'elle ait du mal à respecter l'etendue de sa philosophie mais elle fait comme si de rien n'était. + Jouer aux échecs est ce qui la détend le mieux, elle a même participé à quelques compétitions mais  a vite arrêté par manque de temps.

et toi ? t'es qui ?

prénom/pseudo : Lisa/NarglesQueen
âge : 21 ans.
d'où tu nous viens : Mon coeur est resté à Madrid. Mon corps est coincé à Paris et il m'arrive de squatter l'aéroport d'Orly en uniforme.
comment t'es arrivé là :  
ta présence ici : way too much

avatar : Stephanie Bertram Rose crédits des gifs: hellyeahblackmodels

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Dim 27 Déc - 2:18





histoire

We're the new face of failure: prettier and younger but not any better off, bullet proof loneliness at best

before Las Vegas, NV (1994) + there is no great genius without some touch of madness.
Il était de notoriété publique de dire que tout génie méritant de son rang avait forcément une part de folie en soi. Une folie douce à l’origine d’une incompréhension générale pouvant mener jusqu’à des découvertes extraordinaires, une folie plus tendre d’un homme à l’âme torturée et au style de vie remarqué, ou bien tout simplement une folie étrange impossible de décrire correctement. Allez savoir, la folie était de toute façon un concept beaucoup trop compliqué pour n’être réduite qu’à une simple et unique définition. Et puis à quoi bon de toute façon, la plupart des plus grands génies n’étaient connus que post-mortem, et les autres souffraient vraisemblablement d’un ego surdimensionné les persuadant que quoi qu’ils fassent, ils resteraient de toute façon incompris car au-dessus du commun des mortels. Et il était bien évidemment Inutile de dire dans quelle case se rangeait Astrid, mais c’était une autre affaire. Dans son cas, son génie avait été alimenté depuis sa plus tendre enfance par la folie de sa famille qui n’était pour faire simple qu’une superposition… de complexité. Et pourtant, les époux Sjölander avaient toujours eu l’espoir de redresser la barre en ayant une vie de famille normale contrairement à ce qu’ils avaient connu jusque-là, car après tout ils avaient déjà suffisamment donné.

Jan Sjölander avait été la victime d’un schéma sociétal plutôt banal et de plus en plus répandu. Un mariage dysfonctionnel qui avait eu lieu beaucoup trop tôt, des parents déchirés qui s’étaient éloignés au fil des ans, et au final un divorce pour faute où il avait été question d’un règlement de compte sans fin conclu par une garde partagée des enfants. A partir de là, il fallait rajouter une relation conflictuelle avec son père qui avait tenté de récupérer l’argent de son aîné dans un procès des plus ridicules sur une question de détournement de fonds et d’abus de faiblesse inventés de toute pièce. Le désespoir, paraît-il, n’avait pas de limites. Cela n’avait néanmoins pas empêché Jan de prendre son indépendance et de partir vivre à Stockholm, avant de se laisser aller à un petit tour de l’Europe histoire de décompresser des sueurs froides que son géniteur lui avait infligées.

De son côté, Ohara dos Santos – devenue Sjölander par la suite – avait vécu dans un chaos qui avait fait la une des magazines brésiliens du début à la fin pour la simple et bonne raison que son père, Manoel, n’était d’autre qu’une des fiertés nationales du pays, un footballeur au talent pur et à la vie aussi scandaleuse et sulfureuse qu’il était possible d’avoir à cette époque. Manoel était issu d’une classe pauvre d’une infime médiocrité, c’était un gamin des rues comme il en existait à la pelle, malheureusement. Et comme tous les autres gamins, son seul passe-temps était le football. La suite n’avait rien de bien original tant le même cas de figure s’était répété maintes et maintes fois. L’enfant s’avéra être un véritable prodige du ballon rond, il se fit repérer, une proposition de formation ne tarda pas à être formulée et une fois sa carrière lancée dans le club de São Paulo, il fit ses premiers pas en sélection nationale et devint un des nombreux génies du football brésilien adulés par le public. Pour autant, sa vie personnelle était loin d’être aussi calme et sans accroche. Il fallait pourtant bien s’en douter, un tel succès à un si jeune âge lui rapporta une somme d’argent astronomique à lui qui jusque-là n’avait jamais ne serait-ce qu’aperçu une seule fois la vraie couleur de l’argent, et ça l’avait entrainé dans une vie d’abus. De là était sans doute né l’image du footballeur playboy d’ailleurs. Marié quatre fois à des femmes au physique de mannequin, treize enfants au compteur, que dire de plus ? Il se retrouvait dans une vie de démesure où il tentait de combler ce qu’il n’avait jamais eu. Rajoutez un problème d’alcoolisme et de dépression une fois retraité de sa carrière sportive et une mort précoce à quarante-neuf ans, et vous aurez une vision claire de l’homme qu’il avait été. Ohara avait vu le jour à la suite du troisième mariage de Manoel à une mannequin dominicaine rencontrée en Europe. Leur mariage avait été aussi passionnel qu’éphémère, et ne leur laissa que des regrets. Comme tout couple qui divorçait, ils s’étaient disputés sur les moindres détails de leur séparation de biens, et à la fin, seul un déséquilibre flagrant entre leur patrimoine était resté. Manoel s’accrocha jusqu’à la fin aux moindres biens qu’il refusait de laisser à son ancienne épouse, pas même le service à thé de leur mariage quand bien même il en avait horreur et qu’il n’avait jamais bu de thé de sa vie. Il n’avait d’ailleurs pas tardé pas à le casser des mois plus tard par inadvertance, mais c’était une toute autre histoire. Tout cela pour dire qu’une attitude aussi cupide fit qu’il ne versa qu’à moitié la pension alimentaire qu’il devait à la dominicaine. Autant dire qu’Ohara n’avait connu que les bancs du tribunal pendant son enfance, et ce jusqu’à la mort de son père lorsque les représentants en tout genre des treize gamins qu’il avait laissés s’étaient déchirés sur la gestion de l’héritage. Résultat, les enfants avaient tous été marqués à vie à tel point que l’un d’entre eux devint notaire pour éviter un tel scandale à l’avenir et assurer un partage de patrimoine équilibré, et que tous les autres s’adonnèrent à la rédaction d’un très bon contrat de mariage le moment venu.

Malgré tout, Jan et Ohara étaient courageux et n’avaient pas entièrement abandonné l’idée de fonder une famille un jour. Ils s’étaient rencontrés à Stockholm alors que la jeune femme avait décidé de faire un tour d’Europe avec l’une de ses sœurs juste après la mort de leur père. Après tout, elle avait besoin de calme après l’attention médiatique portée sur l’affaire de son père, et on ne pouvait pas vraiment lui en vouloir. Puis l’Europe semblait être l’endroit idéal pour se reconstruire tout en s’instruisant. Portugal, Espagne, France, Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Italie, Autriche, Hongrie, Angleterre, puis Suède, elle s’était émerveillée tour à tour sur la richesse culturelle et la beauté des paysages que l’Europe lui offrait sur un plateau. Que voulez-vous, malgré une vie de famille déplorable, Ohara avait encore la capacité à s’émouvoir sur le monde, c’était noble de sa part. Ce fut dans ce contexte-là qu’elle rencontra son futur époux dans la capitale suédoise. Et croyez-le ou non, mais ce furent leurs histoires respectives qui les rapprochèrent et les amenèrent bien des années plus tard à se marier et à donner naissance successivement à trois enfants. La dernière de la fratrie, Astrid, était née prématurément à Las Vegas, au même moment où Jan s’était fait offrir un emploi impossible à refuser à New York, travail qu’il accepta donc après approbation de sa femme. Et si les Sjölander se pensèrent à l’abri d’une vie de famille sortant de l’ordinaire, leur benjamine vint leur prouver quelques années plus tard qu’ils n’avaient pas fini d’en baver. Le génie était né, avec en prime une folie héréditaire destructrice.

New York City, NY (1994 - 2009) + sometimes I think I was born backwards.
New York, capitale du monde, capitale de toutes les envies, de toutes les tendances, de tous les rêves. La ville était depuis toujours le berceau des plus grandes espérances pour les migrants venus du monde entier dans l’espoir d’entamer une vie meilleure aux Etats-Unis. Sans refaire un cours d’histoire complet sur la ville, tout le monde savait que New York avait été et restait la première ville à avoir accueilli autant d’étrangers nourris de leurs propres rêves, faisant du lieu un endroit aussi cosmopolite que symbolique. Et bien que les procédés d’immigration d’Ellis Island aient fermé depuis belle lurette, New York restait un symbole de l’immigration vers le nouveau monde et du rêve américain. Et comme tout bon migrant qui se respectait, la famille Sjölander ne faisait pas exception à la règle. Ils nageaient dans un bonheur presque candide, innocent. New York était tellement beau, tellement majestueux. Rien à voir avec ce qu’ils avaient pu voir de Las Vegas, the sin city. Non, il n’y avait pas à dire, les suédois étaient comblés et bien décidés à vivre une vie parfaite sur tous les points. Et tout se passa selon leurs espérances lors des cinq premières années de leur vie newyorkaise, jusqu’à ce que le ciel ne se mit à leur tomber sur la tête.  

« Votre fille a un comportement inacceptable aussi bien envers ses camarades qu’envers le personnel de l’école. » La directrice de l’école maternelle avait eu la bonne idée de convoquer les parents de la petite Astrid après que cette-dernière n’ait tout bonnement insulté son institutrice. En guise de réponse, Ohara avait seulement arqué un sourcil. Jamais, ô grand jamais sa benjamine ne s’était montrée détestable avec eux, il devait y avoir erreur. Et au pire des cas, Astrid n’avait que cinq ans, il n’y avait pas mort d’hommes. Puis le couple avait déjà suffisamment de problèmes avec leur aîné qui refusait d’aller à l’école et leur cadette qui avait élaboré tout un trafic d’échanges de cartes Pokémon géré d’une telle manière qu’Al Capone lui-même aurait été jaloux. Non, Astrid n’avait pas non plus le droit de s’y mettre. Et pourtant, les Sjölander furent régulièrement convoqués jusqu’au jour où la directrice changea radicalement de discours. « Saviez-vous que votre fille de cinq ans est capable de lire et écrire ? Qu’elle maîtrise mieux l’anglais que les autres élèves et qu’elle est parfaitement au courant du programme scolaire de son frère ? » La question les prit entièrement au dépourvu, ils n’avaient pas pu passer à côté de tels exploits, si ? Il était bien peu probable qu’une petite fille de cinq ans soit au courant du programme scolaire de son frère qui avait six ans de plus qu’elle. « Sans compter qu’elle a passé une heure à nous expliquer la monarchie suédoise. Vous devriez lui faire passer un test de quotient intellectuel. » Ce fut donc de la sorte que la mémoire eidétique d’Astrid, ainsi que son QI de 187, furent découverts et que son parcours scolaire sortant de l’ordinaire avait commencé. Elle avait tellement de facilités et d’avance sur son âge qu’elle essayait de combler son temps libre en lisant tous les bouquins qu’elle trouvait sur son chemin. Oui, elle avait appris à lire à trois ans, avait lu Les Misérables à huit ans, et avait fini le lycée à treize ans.

***
Il ne fallut pas bien longtemps à Astrid pour se rendre compte qu’elle était spéciale. Non pas qu’elle soit particulièrement imbue d’elle-même, mais la blonde avait bien vu qu’elle ne jouait pas dans la même cour que les autres enfants de son âge, qu’elle était au-dessus d’eux. Et même si la blonde adorait sa fratrie, elle se disait bien qu’être capable de faire leurs devoirs à leur place et de récolter de surcroît les meilleures notes n’était pas chose courante et que c’était bien une preuve de son talent. Car oui, Astrid suppliait ses aînés de la laisser faire leur travail scolaire pour faire des activités se rapprochant de son niveau ou du moins plus compliquées que ce qu’elle pouvait bien faire dans sa propre classe où elle s’ennuyait comme un rat mort. « Je n’ai sérieusement jamais vu quelqu’un d’aussi stupide » était d’ailleurs une phrase dont la belle se servait à outrance, dans tous les contextes possibles. Astrid était trop intelligente pour son propre bien, ce qui l’avait rendue quelque peu détestable. Une enfant terrible à la répartie affûtée, voilà ce qu’elle était. Et en conséquence, elle restait seule. Non pas parce que les autres ne s’intéressaient pas elle, seulement parce que elle, ne voulait pas traîner avec les autres. Ce n’était pas une fille à rester avec le bas peuple. Non, les seules personnes qu’elle tolérait étaient ses aînés. Son frère faisait partie d’une équipe de basketball universitaire prestigieuse et était promis à un bel avenir dans le domaine, et sa sœur avait une aura et un charisme inégalable ainsi qu’un sens du commerce inné capable de tout lui donner sur un plateau d’argent. En d’autres termes, ils étaient au même niveau qu’elle dans leur propre domaine, et ça lui suffisait pour les respecter. Car clairement, Astrid avait du mal à apprécier une personne ordinaire qui n’avait rien à lui apporter en savoir. Autant dire que finir le lycée à treize ans ne fut pas forcément une mauvaise chose, les Sjölander commençaient à être exténués de se faire convoquer par le principal du lycée à cause du comportement exécrable de la jeune fille. Et comme une bonne nouvelle n’arrivait jamais seule, ce fut au même moment qu’on lui proposa, ainsi qu’à sa sœur, un contrat de mannequin alors qu’elles se baladaient ensemble dans les rues de Manhattan. Il fallait croire qu’une peau métissée, des cheveux blonds, des yeux verts et des origines aussi diverses que les siennes n’étaient pas vraiment courants et seraient remarqués. Son physique n’était au final que le reflet de son intellect : hors du commun. Et c’était bien pour cette unique raison qu’elle avait accepté de se soumettre corps et âme au monde de la mode. Sans oublier qu’elle était encore bien trop jeune pour commencer des études dans le secondaire si on en croyait les recruteurs des grandes écoles de l’Ivy League. Soit. Elle attendrait encore quelques années. Au final ça n’avait pas tellement d’importance pour la demoiselle, elle avait une fois de plus décidé de prendre exemple sur Kerouac dans son célèbre On the Road en l’étendant sur le reste du monde le temps d’entrer à Harvard. En apprendre plus sur le monde serait une raison suffisante de ne pas se battre avec l’administration des écoles américaines de suite. Et ça lui avait permis de découvrir le monde et de passer plus de temps dans ses pays d’origine.

Cambridge, MA (2009-2012) +  “Obviously, when you spend time with the best, you learn how to choose among them.”
Harvard. Etait-ce bien nécessaire de présenter l’université la plus prestigieuse du pays, voire du monde ? Etait-ce utile de dire que la sélection d’entrée était la plus stricte et que des milliers d’élèves rêvaient de pouvoir y étudier ? Car clairement, mettre Harvard sur son curriculum vitae était le genre de détails assurant d’avoir un travail prestigieux à son arrivée sur le marché du travail. Fallait-il citer des exemples de grands noms ayant fait des études à Harvard pour prouver la réussite garantie ? Non, ce n’était que du temps gaspillé que de faire l’éloge de cette école connue de tous. Toujours était-il qu’Astrid était parvenue à y rentrer à même pas quinze ans, pour suivre des études de droit et de philosophie. Et pour la première fois de sa vie, la demoiselle avait l’impression d’être à sa place. Harvard, c’était la clé à ses rêves de devenir avocate, juge à la Cour Suprême, ou même présidente des Etats-Unis. Harvard, c’était une fourmilière de cerveaux sur pattes, le quartier général des gens prodigieux dont elle faisait assurément partie. Harvard était un lieu de réflexion, de savoir. Qu’aurait-elle pu demander de plus pour s’épanouir ? Pas grand-chose. La belle y passa trois ans et en sortie diplômée à dix-huit ans sans aucune difficulté. Les seuls moments où elle en avait quelque peu bavé étaient lorsqu’elle avait dû assumer son passé de mannequin auprès des autres qui la regardèrent avec des grands yeux à chaque fois qu’ils la voyaient. « Jeez, vous n’avez jamais vu une belle fille de votre vie ou comment ça se passe ? Ce n’est pas parce que je ressemble plus à Tyra Banks qu’à Sheldon Cooper qu’il faut me ranger au même niveau qu’Elle Woods, je ne suis pas un imposteur et je suis même bien au-dessus de vous tous que vous le vouliez ou non. » Oui, si une chose n’avait pas changé, c’était bien sa répartie. Quoi qu’il en soit, elle n’avait rien à prouver à qui que ce soit et la belle sortit de l’université avec les honneurs. Son seul problème était maintenant d’acquérir une crédibilité lui permettant de vivre selon ses attentes. Après tout elle n’avait que dix-huit ans, et était déjà docteur de droit et de philosophie, ce n’était pas forcément un avantage. Seulement sur le moment Astrid était persuadée de sa réussite future, et elle était rentrée dans le Bronx avec son nouveau petit-ami, pleine d’espoir. Les deux jeunes gens s’étaient rencontrés sur le campus, d’une manière des plus banales qui soit. Ils partageaient les mêmes cours de philo qu’il avait pris en plus de ses études littéraires, et il était tombé sous le charme de cette jeune surdouée qui n’avait pas froid aux yeux. Il admirait son savoir, sa beauté, son talent. Que dire de plus, chaque parcelle de la personnalité d’Astrid le surprenait et le rendait accro à elle pour la simple et bonne raison qu’elle était juste surprenante. Et la suédoise était ravie d’avoir trouvé un homme intelligent à qui elle pouvait parler de tout ce qu’elle avait appris dans les livres depuis son plus jeune âge sans avoir à se donner des airs supérieurs. Elle était heureuse de ne pas avoir à justifier sa carrière de mannequin, de ne pas se sentir si étrange que ça. Au final, avec lui c’était une fille presque normale, et on pouvait dire tout ce qu’on voulait, elle y avait pris goût. Le petit génie avait trouvé la personne qui lui fallait pour arrêter de se prendre trop au sérieux. Amen, tout le monde commençait à croire qu’Astrid serait une petite prétentieuse jusqu’à la fin de ses jours. C’était sans compter sur son génie, qui avait fini par la rattraper une  fois encore, alors que son homme faisait son entrée dans le monde du New York Times.

New York City, NY (2012-2015) + oh my God, look at that face you look like my next mistake.
"Je suis désolé mademoiselle, votre cv est impressionnant mais vous n’avez que dix-huit ans. Vous comprendrez que je ne puisse pas vous laissez autant de responsabilités d’entrée dans notre cabinet."

C’était la cinquième fois qu’on lui avait dit plus ou moins directement qu’elle était trop jeune pour être traitée comme  une véritable avocate. Pour faire du café ou des photocopies aucun problème, mais pour plaider au tribunal, non. Foutaises. Ils avaient juste peur de se faire botter le cul par une gamine qui possédait une mémoire eidétique. Et elle avait beau se dire qu’elle finirait par trouver le parfait employeur, Astrid savait bien au fond d’elle que le problème venait d’elle et qu’elle n’y pourrait rien. Que si elle voulait vraiment rester dans le domaine du droit, elle devrait se soumettre à l’idée de faire un travail en dessous de ses compétences. Sauf que la suédoise en avait sa claque de se réduire à une personne qu’elle n’était pas. Elle voulait être respectée pour la personne qu’elle était, de la même manière que son copain l’avait fait à la fin de ses études à Harvard. Mais non, la belle était désormais confrontée à la dure réalité du marché du travail,  et de sa cruauté. Peut-être aurait-elle dû choisir une autre carrière, une qui lui aurait permis de ne pas souffrir de problème de crédibilité. Puis le temps passait et plus elle devenait aigrie, sombre. Elle qui jusque-là passait tout son temps libre à se cultiver de diverses manières ou avec son petit-ami ne faisait plus rien. Elle était lasse d’être un génie, lasse de devoir se rappeler des moindres détails de sa vie, de tout connaître à la perfection sans même avoir besoin à se forcer. Peut-être qu’au fond elle était passée à côté de sa vie et de ce qui était vraiment important à force de vouloir être au-dessus des autres. Et c’était donc sur cette logique qu’elle avait décidé de se remettre dans ce que sa sœur appelait le droit chemin, mettant fin à sa relation avec son petit-ami qui réussissait beaucoup trop facilement dans sa carrière aux yeux de la belle pour que ça puisse fonctionner entre eux. Son aînée avait décidé de la prendre sous son aile et de l’entraîner dans son style de vie. Dès lors, Astrid avait repris le mannequinat, avait découvert l’alcool, les boîtes de nuit dont elle devenait l’égérie, et c’était même essayé à un passe-temps en tant que DJ. Et elle se sentait enfin libérée du poids lourd qui faisait pression sur ses épaules depuis bien trop longtemps. Elle restait la même en se fichant bien du futur, même si dans le fond elle était persuadée qu’elle obtiendrait vengeance un  jour ou l’autre. Personne n’était trop jeune pour être vivre de sa passion.

***
« Ne me dis pas que Van Gogh a vraiment décidé de se couper l’oreille pour se rendre intéressant. Il ne devait pas connaître les bons endroits pour se détendre le pauvre. » La remarque d’Alison exaspéra sa petite sœur qui ne trouva pas d’autre moyen de lui montrer en explosant de rire. L’art, et plus précisément la peinture, n’était définitivement pas sa tasse de thé. Et pourtant, c’était elle qui avait traîné Astrid dans cette exposition sur Van Gogh dans une galerie située en plein milieu de Brooklyn. Et Dieu ce qu’elle pouvait détester Brooklyn.« C’est légèrement plus compliqué que ça ma chérie, je te le promets. », répondit simplement la demoiselle sans se lancer dans de longs discours. Elle savait bien qu’Alison ne l’écouterait pas et trouverait un moyen de déformer la pauvre vie de ce pauvre Van Gogh alors à quoi bon, c’était aussi pour cela qu’elle adorait sa sœur. « C’est largement décevant, je pensais au moins qu’il y aurait du champagne, on m’avait promis une after party d’enfer. »Ah, Astrid reconnaissait toute de suite la Alison qu’elle aimait et avec qui elle avait grandi, celle qui était là pour une seule et unique chose : s’amuser. Il fallait bien dire que travailler dans les relations publiques lui assurait toujours des tonnes d’invitations en tout genre et qu’elle ne se privait jamais pour passer un bon moment en toute occasion. Sauf qu’elle n’était apparemment pas au courant de la dure vie de labeur de ce pauvre Vincent. « Désolée de vous interrompre, mais je trouve que Van Gogh est un artiste des plus intéressants. Ses démons, ses combats, intérieurs, son style de peinture… Il vivait en contre-courant et que ce soit aux Pays-Bas ou en France, il a été poussé à vivre dans sa propre folie. Je trouve que l’exposition montre bien toutes les facettes de sa vie, sans oublier sa relation particulière avec son frère. Très intéressante. » What the fuck was that. C’était qui celle-là, aussi jolie soit-elle, ne savait-elle pas que c’était impoli d’espionner les conversations des autres ? Alison s’était retournée, visiblement importunée par l’intervention de cette inconnue qui venait déblatérer tout son savoir sur un sujet dont elle se fichait éperdument. Non il n’y avait pas à dire, Alison ne tolérait que les interventions d’Astrid dans le domaine, les autres pouvaient aller voir ailleurs. «  Et vous êtes ? », balança-t-elle en ne cachant qu’à moitié son amertume.  « Désolée, Ivy Kershaw. Je devrais me présenter comme le biographe de Van Gogh, c’est mon point faible, je ne voulais pas écouter aux portes. », répondit la demoiselle sur le ton de la plaisanterie. Et allez savoir pour quelle raison, Astrid préféra répondre à la place de sa sœur pour tenter d’arrondir les angles quand bien même elle aurait d’ordinaire tout fait pour détruire la crédibilité de la personne qui lui faisait face. "Astrid Sjölander, docteur en droit et philosophie. Ma sœur Alison, spécialiste pour oublier le talent des artistes torturés. Elle reste néanmoins une très bonne spectatrice en toute circonstance et adore s'instruire.» Ce fut le début d’une relation explosive entre les deux blondes. Ivy était belle, artiste peintre talentueuse, drôle, provocante. Et Astrid se faisait un nom dans son monde, bien loin d’Harvard, ce qui permettait de s’épanouir à ses côtés. Ensemble, elles formaient un duo aussi surprenant que complémentaire à tel point qu’Ivy avait permis à la suédoise de se remettre totalement en question sexuellement parlant. Ça n’avait pas été évident, vraiment pas. Elle n’avait pas compris ce qu’elle ressentait pour elle, et pourquoi elle était autant attirer par elle. Mais elle avait fini par se laisser tomber dans ses bras pour entamer une belle relation en sa compagnie. L’amour, élément à l’origine de la folie de sa famille, était en train de la frapper de plein fouet à son tour.

Los Angeles, CA (2015) + I'm like a lawyer with the way I'm always trying to get you off.
La cité des anges avait fini par avoir raison du confort de vie des deux blondes. Ou du moins, c’était ce qu’Ivy avait décrété, ou plutôt imposé. D’après ce qu’elle disait elle-même, elle avait besoin de retrouver sa famille, d’être importante aux yeux de quelqu’un du même sang qu’elle. Ses mots étaient teintés d’une violence dont elle n’avait même pas conscience, dont elle ne pouvait pas avoir conscience. Ivy était en train de détruire à petit feu les bases de sa relation avec Astrid, qui commençait sérieusement à se poser des tonnes de question. Pourquoi ne lui était-elle pas suffisante ? Sa cousine n’avait jamais recherché à la revoir, n’était même pas au courant de qui elle était devenue, alors pourquoi s’obstiner à devenir quelqu’un à ses yeux plutôt qu’à ceux de sa petite-amie qui la considérait déjà comme une personne pleine de talent. Et merde, les compliments d’Astrid auraient dû lui suffire, elle qui était bien compliquée à satisfaire. Pourtant ce n’était pas le cas, et Astrid se mourrait à peu à peu aux côtés de sa belle. Et la suédoise avait beau souffrir de cette situation, elle se gardait d’en parler à la principale intéressée qui devait pourtant bien s’en douter. Mais non, la jeune femme était trop fière pour dire quoi que ce soit et taisait ses peurs avec des remarques acerbes et une recherche intense de nouveaux travails. Car merde, en plus de lui avoir fait quitter sa chère ville de New York pour la côte ouest – ugh – , Ivy n’avait même pas penser à sa carrière. Être mannequin à Los Angeles, ça n’avait pas la même gueule qu’à New York où toutes les agences et défilés étaient concentrés. Sans parler de tous les contrats qu’elle avait là-bas qu’ils seraient bien compliqués de continuer en Californie. Peut-être que la blonde n’avait que son intérêt en tête mais de son point de vue, Ivy n’avait pas vraiment pensé à elle non plus. Pourquoi l’avoir suivi alors ? Par malédiction amoureuse, ou tout simplement pour ne pas abandonner avant même d’avoir essayé. Et pour camoufler sa rage, Astrid avait décidé de renouer avec sa passion première pour le droit et la philosophie en trouvant l’employeur parfait. Après tout, les californiens pouvaient être plus décontractés que les newyorkais, non ? C’était un état d’esprit plutôt optimiste mais qui avait fait ses preuves. Sans vraiment savoir comment, miss Sjölander était la toute nouvelle avocate du cabinet Wzyciski géré par un homme intelligent et confiant qui avait décidé de lui faire confiance. Amen, il existait encore des gens bien dans ce monde.  Après tout, Los Angeles pouvait être l’ère du renouveau, à voir si son couple tiendrait le coup. En tout cas elle n’était plus seule pour affronter ce qui l’attendait et pouvait aussi bien compter sur ses nouveaux amis – dont le fils de son employeur qui était devenu son meilleur ami très rapidement – et ses projets aussi bien en tant que mannequin qu’en tant qu’avocate. Une future Miss Univers, DJ dans un club où les drag queens étaient les maîtres et avocate du barreau de Californie, c’était un bel avenir, non ? En tout cas Astrid en était persuadée, elle n’allait pas passer son temps à pleurer sur Ivy.

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