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 Teddy - the morning star

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Messages : 29

Date d'inscription : 27/12/2015

Âge : 19 ans

Emploi : Lycéen & serveur dans un Diner

What about love : ain't got no love, ain't got no fight

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Dim 27 Déc - 1:57

Teddy Woehl






identité

NOM : Theodore Ryan Woehl, mais il faut l'appeler Teddy. (Woehl se prononce comme le -vil d'Evil)
date de naissance : Le 16 août 1991, à dix-sept heures trente. C'était un joli vendredi. Il a 24 ans.
Lieu de naissance : Bâton-Rouge, en Louisiane.
PROFESSION : Mannequin, performer, strip-teaser, parfois escort, mais avant tout Socialite, il est famous for being famous, il vit de sa propre existence, parce que le monde des strass et des paillettes aime ses petits démons qui ne se conforment à rien d'autre que des histoires terrifiantes et bizarres. Et Teddy est tout ça.
ORIENTATION SEXUELLE : Teddy ne s'est jamais posé la question et n'a jamais pensé à y réfléchir, il en fait pas de différence pour quoi que ce soit.
SITUATION AMOUREUSE : Teddy n'aime pas, il ne ressent rien et se fout bien de toutes ces choses-là.
GROUPE : Strangeness and Charm
caractère

intelligent • charismatique • ambitieux • lucide • déterminé • menteur • manipulateur • impulsif • orgueilleux • colérique • violent • possessif • jaloux • excentrique • malsain •


autres choses à savoir

Teddy est quelqu'un d'extrêmement maniaque, perfectionniste et presque névrotique quand il s'agit de ranger les choses dans un ordre précis. Si elles ne sont pas à leur place, il s'énervera rapidement et pourrait même finir par devenir violent. Les choses ont des places, c'est pas compliqué ! • Il vit par et pour sa mère, il fait toujours tout ce qu'il faut pour qu'elle soit heureuse, à tel point de très souvent parler d'elle. Autant qu'il prend soin d'elle. • Pour elle, il a appris à jouer du piano dès le plus jeune âge, il a un niveau relativement bon ; quoique pas au point d'être un génie incontesté, mais il se débrouille. • Ayant grandit en Louisiane, il a appris le français assez vite, et le parle presque couramment. Avec un très mauvais accent. • Il ne dort que très peu, à peine quatre heures par jour ; jamais la nuit. Il passe toutes ses nuits dehors, ses journées sont compliquées et étranges. • À 14 ans, Teddy a été diagnostiqué Psychopathe et Psychotique. • Il a essayé de se suicider, une fois, pour voir ce que ça faisait de mourir. Ce n'était pas franchement intéressant. Depuis, il a de larges cicatrices sur les poignets.

et toi ? t'es qui ?

prénom/pseudo : t'es qui ?
âge : Si t'es trop timide, une petite tranche d'âge ça reste cool pour qu'on se fasse une petite idée - et surtout qu'on se censure, hé.
d'où tu nous viens : Du pays du Père Noël ?
comment t'es arrivé là : il a un nom ton GPS ultraperformant ? Où est-ce qu'on peut en acheter un ?
ta présence ici : combien de jours par semaine tu comptes venir te taper l'incruste

avatar : Cameron Monaghan crédits des gifs: le gif on top est à moi, tous les autres de tumblr.  

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Dim 27 Déc - 1:57




histoire


Love is (e)woehl
Elle le tenait dans ses bras, serré contre elle, et dans de fins bégaiements, elle lui marmonnait quelques mots doux entrecoupés de baisers sur son front encore humide. Elle aimait son fils déjà plus que tout, alors qu’elle ne le connaissait pas vraiment encore. Dans sa main, il serrait l’index de sa mère, avec déjà de la force malgré son manque d’expérience dans la vie ; mais elle savait déjà qu’il serait et deviendrait quelqu’un d’imperturbable et de très fort. Elle voyait toujours les choses comme ça. Et elle était heureuse, très heureuse. C’était le plus beau jour de sa vie, juste après sa rencontre avec son quatrième mari, le père de son magnifique Theodore. Ryan, son époux, de qui le bambin tenait son second prénom, était lui aussi présent. Douloureusement assoupi contre sa chaise, dans un coin de la pièce. Il avait passé toute la nuit auprès de sa femme bien-aimée, et il n'avait pas résisté au poids de la fatigue sur ses larges épaules, et sa lourde carrure de militaire accompli. Il dormait silencieusement, produisant parfois quelques bruits de respiration qu'on ne pouvait pas tellement apparenter à des ronflements tant ils n'étaient pas réguliers, mais ils étaient bien là. Répétés, et presque toujours à la même intensité et au même volume. Et tandis que lui dormait, sa femme se réjouissait.

Elle aurait voulu voir son fils se réveiller dans ses bras et le saluer d'un large sourire, mais il était déjà trop fatigué par la dure réalité de la vie, et quand bien même il remuait parfois et resserrait sa main sur le bout de l'index de celle-ci, il restait complètement endormi.

« My little Teddy bear... » avait-elle siffloté en souriant, aveuglée par le bonheur de l'instant. Déposant ensuite un doux baiser sur sa tête encore nue du moindre cheveux.
« Tu es si beau. »

Elle aurait pu continuer à le serrer contre elle, parce que c'était vers quoi elle se dirigeait, mais Ryan s'était éveillé à son tour, et il s'était approché, marmonnant sa surprise de voir son fils, s'approchant et tremblotant légèrement à chaque pas. Il s'était penché au dessus de sa femme, et s'était mis à sourire. Le petit Theodore, lui, ne fut pas de la même humeur, puisqu'il s'était réveillé en même temps et n’eut pas la moindre réaction en les regardant chacun leur tour. Et les années passèrent, tandis que l'indifférence restait.
Et malheureusement pour eux, elle allait toujours rester.

We pack demolition, we can't pack emotion
Être parent est une épreuve que Ryan et son épouse anticipaient avec beaucoup d'appréhension, notamment parce qu'ils étaient les derniers dans leur cercle d'amis à finalement en avoir un, mais aussi parce qu'ils avaient vu ce dont étaient capables les enfants capricieux de certains de leurs proches. Ils s'étaient donc imaginés que Theodore ferait de même. La surprise fut agréable, lorsqu'ils constatèrent d'abord que c'était un enfant silencieux. Il ne pleurait presque jamais. Ne faisait que très rarement de bruit, et était somme toute un rêve de silence et de tranquillité.

Cela dit, ne jamais entendre leur fils se mettre à éclater en sanglots commença à les inquiéter ; mais pas au point de chercher à le faire pleurer. Ils n'osèrent pas demander conseil à qui que ce soit, pensant que cela ne mènerait nulle part et qu'ils risqueraient d'attirer des personnes mal-intentionnées ou bien même les services sociaux qui jugeraient cette fixation sur la souffrance de leur fils comme quelque sorte d'abus et de violence. Mais ça ne quitta pas leurs esprits pour autant. Et tandis qu'ils restèrent préoccupés par cela, Theodore continua de grandir, toujours si peu bruyant, toujours si calme et toujours si vide des moindres réactions.

Vint finalement le temps de le faire entrer dans les rangs scolaires, et au départ, tout allait bien. Mais les choses prirent rapidement la pire de toutes les tournures. Theodore n'avait à peine que dix ans, qu'il avait déjà l'un des dossier les plus chargé de l'établissement. S'accumulaient les violences, les coups et les comportements effrayants. Il terrorisait tout ceux qui l'approchaient et n'éprouvait pas le moindre scrupules à s'en prendre aux autres. Ce qui ne fut interprété que comme une mauvaise éducation et une simple méchanceté continua encore et encore. Jusque ses douze ans. Cette fois-ci, on fut bien obligé de se résoudre à convoquer quelqu'un. Un psychiatre pour enfants, Theodore avait tabassé sans relâche l'un de ses camarades parce qu'il avait mal prononcé le prénom de sa mère, ce que le jeune Woehl avait trouvé parfaitement normal fut inquiétant des yeux du corps éducatif. Il ne comprenait pas pourquoi, il n'avait fait que le corriger, ce salaud s'était justifié Theodore, en haussant les épaules tandis que le psychiatre s'inquiétait.

Le hasard voulu qu'il ne fut pas assez compétent pour faire quoique ce soit d'autre que de dire que ce n'était pas bien en agitant un index large et trop épais devant Theodore. Si bien que c'en était énervant, alors, il le lui mordit. Si fort qu'il eut presque assez de ténacité pour le lui arracher. Theodore avait été énervé, ce n'était pas de sa faute après tout. Son père lui avait toujours dit que si on l'énervait, il avait le droit de se défendre, que sa colère serait justifiée. Il l'avait même encouragé à faire en sorte de ne jamais être le premier à frapper. Alors forcément, il ne pouvait pas comprendre ce qui clochait dans ce qu'il avait fait, puisqu'il faisait comme on lui disait.


« Mais qu'est-ce qu'on va faire de lui ? » sanglota son père dans la plus lourde de toutes les souffrances, tandis que sa mère était bien trop arrachée et déchirée par cette horrible annonce. Il n'avait que quatorze ans, c'était impossible. Ça ne pouvait pas être possible, non, c'était une erreur. Ils avaient dû se tromper dans leurs fiches, dans leurs résultats. C'était tout bonnement impossible. « Il n'y a rien qui puisse être fait, je suis terriblement désolé... Même s'il n'existe pas de traitement médical pour faire disparaître ça, il y a des méthodes qui permettraient de réduire l'importance de son trouble. Mais rien de très concluant, j'en ai peur... Mais ce serait toujours mieux que rien. Le problème de votre fils, ce n'est pas juste qu'il souffre de psychopathie, c'est aussi qu'il est la victime d'une lourde psychose. J'aimerai vraiment pouvoir faire quelque chose, mais j'ai bien peur de devoir vous dire que vous allez devoir endurer tout ça, si vous ne voulez pas le faire interner dans un centre psychiatrique. Là-bas, on pourra s'occuper de lui bien mieux que vous ne pourriez le faire, sa maladie est et sera quelque chose de très lourd et de fatigant à vivre, beaucoup plus pour vous que lui. » avait expliqué un énième psychiatre, en deux ans, ils en avaient vu défiler de très nombreux, et c'était de moins en moins rassurant. Mais ils n'avaient jamais supposés que ce genre de nouvelle leur serait jeté en plein visage.

Pleins d'espoir et peut-être d'orgueil aussi, ils décidèrent de rester auprès de lui, et de ne pas le faire interner dans un asile, non seulement parce qu'ils pensèrent que ce ne serait pas judicieux, mais aussi parce qu'ils étaient persuadés de pouvoir l'élever et de faire disparaître cette psychopathie dans laquelle ils ne croyaient pas vraiment. Parce qu'ils étaient comme ça, trop optimistes. Et leur optimisme était bien trop lourd à porter et au fil des années, il commença à se déteindre et devenir un horrible et infini désespoir.

À peine un an avait passé, que tout semblait s'être rapidement bousculé. Quinze simples années, le début véritable d'une période toute autre dans la vie de Theodore, qui commençait déjà à vouloir se faire appeler Teddy, comme sa mère le faisait lorsqu'elle s'adressait à lui dans de doux mots agréables et rassurants. Déjà enfermé dans cette envie qui finirait par grandir bien plus ensuite, malgré l'incessante insistance de son père, qui continuait de lui dire que ce n'était pas son prénom. Mais ça n'était pas si grave que ça, Teddy s'en fichait bien de l'avis de son père, ou des autres. Tout ce qui comptait, c'était qu'il voulait, alors on ferait selon sa volonté.

approaching original violence
Le bruit gênant et bruyant d'une imprimante vint couper ce lourd silence autour d'eux. Teddy était assis, droit comme un pic macabre, la veste tâchée de sang et le regard couvert de lourdes cernes presque noires tant il avait l'air de ne jamais dormir. Son visage pâle semblait briller contre la lueur orangée qui se dégageait de la fenêtre à sa droite, et il fixait ce large personnage en face de lui, caché derrière son bureau. Il était silencieux, et ne posait son regard que très rarement sur Teddy; la tête baissée dans ses carnets et ses épais dossiers pleins de fiches colorées. Relevant parfois un sourcil en même temps que son regard sur le jeune homme. Plissant parfois les yeux avant de gratter de la pointe de son stylo plume doré une feuille vierge. Finalement, après une énième routine de la sorte, il reposa son stylo, joignit les mains et ajouta, en le regardant dans les yeux. « Theodore, » mais il n'eut pas le temps de continuer quoique ce soit que la noirceur du regard du jeune homme le fit se figer sur place, « Teddy. » avait-il soufflé d'un ton rauque et déjà très colérique, malgré son calme apparent. Un sourcil se haussa sur le visage de l'homme imposant, « D'accord... Teddy. Veux-tu bien m'expliquer ce qu'il s'est passé ? » aussitôt, Teddy s'était penché vers l'avant, posant ses larges mains sur la surface du bureau, et plongeant son regard dans les yeux du policier.

« Oh vous savez, il s'est pas passé grand chose de très étonnant. Papa venait de rentrer, un peu plus tôt que d'habitude, et il avait même apporté un joli bouquet de fleurs. C'était des roses, je crois, mais je me souviens plus très bien, les fleurs ça ne m'intéresse pas tant que ça... Maman, elle aime les fleurs, mais pas moi. » Les hochements de tête du policier furent la seule réaction que Teddy reçut, mais intérieurement, celui-ci se demandait déjà dans quel genre de connerie il pouvait bien s'être embarqué, il les sentait venir les cinglés. Et là, c'était bien tout ce qu'il pouvait voir au travers de cet adolescent, un cinglé. « Moi j'étais pas loin, dans le salon. Et puis maman était comme toujours en train de travailler dans son coin, donc au début elle l'a pas entendu arriver. Il voulait lui faire la surprise, donc il s'est faufilé discrètement, moi je l'avais vu mais il m'avait fait signe de me taire. J'obéis, parce qu'il faut obéir. » Une fine grimace vint traverser le visage du policier, en même temps qu'un sourcil se haussait et qu'il reculait sur sa chaise, en observant Teddy parler, il avait la tête baissée et le regard fixé sur ses mains.

Comme s'il prenait une pause, une sorte d'inspiration pour réfléchir à ce qu'il allait dire ; bien que ce ne fut absolument pas le cas. Il savait parfaitement ce qu'il disait, faisait et n'avait pas la moindre once de remord dans la voix. Calme et posé dans tout ce qu'il avait déjà dit, il s'était finalement décidé à reprendre, en se redressant. « Et donc, il est arrivé sur la pointe des pieds derrière elle, et il l'a faite sursauter. Je l'ai entendue dire "Tu m'as fais peur Ryan !". Et j'ai trouvé ça énervant, on ne fait pas peur à ma maman, c'est mal. Alors je me suis levé et je suis allé me chercher quelque chose à boire dans la cuisine. Parce que maman dit toujours que boire un verre d'eau, ça aide à se calmer. Mais c'était pas suffisant, alors j'ai vidé mon verre dans l'évier, et je suis allé le voir. » un horrible frisson commença à descendre dans le dos de l'agent de police, comme si tout devenait sombre autour de lui et de Teddy, il retint sa respiration quelques instants, engourdi par une impression de plonger à des milliers de mètres de profondeurs. « Je lui ai jeté en plein visage, j'ai ramassé un des morceaux et je l'ai planté le plus fort possible dans sa gorge. Mais il était toujours vivant. – Il avait fait peur à ma mère, vous comprenez, je pouvais pas laisser faire ça – je suis retourné dans la cuisine pendant qu'il était par terre, j'ai arraché le grille-pain à sa prise et j'ai été l'écraser contre son visage. BAM ! BAM ! BAM ! —— BAM ! »

Le visage de l'adolescent s'était teinté d'un air terrifiant, il souriait à pleines dents, les sourcils hauts et fendus dans un froncement amusé, tandis que ses yeux fixaient désormais ceux du policier, avec énormément d'insistance si bien que celui-ci eut pour un court instant peur pour sa propre personne. Serrant son arme dans son étui, prêt à s'en servir si jamais il sentait le moindre danger. Et pour être véritablement honnête, il crevait d'envie de tirer sur ce cinglé. Mais il s'en priva parce qu'il respectait trop ses principes et sa conscience.

Teddy, quant à lui, fut rapidement jugé et désigné coupable du meurtre de son père. Sa mère, elle, qui avait tout vu en première loge de cette morte fut incroyablement marquée par l'évènement, si bien qu'elle en devint très fragile et perdit une partie de son esprit. Enfermée dans des pensées bousculées et des idées maladroites, elle avait finie par se convaincre que son fils n'avait rien fait de mal, qu'il n'avait fait que vouloir la protéger et elle continua de l'aimer malgré tout. Mais parce qu'il était cliniquement instable, on ne le jeta pas en prison. Au lieu de cela, il fut envoyé dans un asile, puis un autre, et un autre ; enchaînant les transferts à cause de son comportement, de ses tendances à s'attaquer aux autres, et finalement, il fut transféré hors de la Louisiane. Tout ça à cause de la puberté.



With angel eyes and demon seeds
Les transferts s'étaient tant enchaînés qu'en à peine quelques mois il avait visité plusieurs des états proches de la Louisiane, plus que quiconque n'en aurait jamais visité de son plein gré. Et dans un sens, il trouvait ça amusant. Du reste, il s'en fichait car même si on aurait pu penser que ça l'agaçait et qu'il éprouvait un éternel regret pour ce qu'il avait pu faire, ce n'était pas le cas. La seule chose qui l’incommodait, c'était bien de ne pas pouvoir garder contact avec sa mère bien-aimée, mais cela ne remontait pas aux trajets d'hôpitaux en hôpitaux ; ça non. Dès la première fois, on lui avait interdit de prendre contact avec qui que ce soit. Si bien qu'il était l'un des seuls à ne jamais avoir l'occasion de recevoir de la visite ou de prendre des nouvelles des siens. Mais après ce qu'il avait fait, c'était bien la moindre des choses. Il était dangereux, beaucoup trop dangereux pour qu'on le traite comme les autres. Et pourtant, c'était bien ce qu'ils avaient fait, en continuant de penser qu'il ne méritait que l'asile et non la prison. Énième état dans lequel il venait de débarquer, on l'avait transporté dans un bus qui commençait à devenir plus confortable que le reste, tant il s'y était habitué à force des nombreux transferts. Comme s'il s'était agit d'un terrible monstre, il lui avait attaché les mains et les pieds par de lourdes chaînes, et tandis que le bus faisait lentement son chemin sur l'asphalte, il regardait l'extérieur avec peu d'intérêt, observant l'environnement autour de lui, regardant à quoi ressemblaient les alentours de sa nouvelle prison, à quoi ressemblerait l'horizon, une fois qu'il serait enfermé dans sa petite chambre insupportable et qu'on le gaverait de calmants en tout genre. La tête presque appuyée contre la vitre, il remuait légèrement la nuque en patientant. À côté de lui, personne, mais en face et derrière lui, deux agents de police, ou bien de sécurité – il n'était pas sûr – s'occupaient de le cercler et de s'assurer qu'il ne tenterait rien en particulier, surtout après son excès de rage le plus récent qui avait valu ce dernier changement d'hôpital psychiatrique.

Ils étaient déterminés à le garder longtemps, peut-être même toute sa vie si ça se montrait nécessaire, il avait gagné trois années depuis le début de son infinie sentence et quand bien même tout semblait si différent, lui ne voyait rien d'autre que le même schéma se répéter, et il commençait à en avoir assez, plus que tout et plus que jamais. Si bien qu'il commença à se dire qu'il était temps de s'en aller, de fuir, de s'évader. Il se savait suffisamment intelligent pour être capable de le faire, mais il savait que fuir de cette façon serait bien plus compliqué que d'être libéré. Même s'il changeait d'identité, d'état et de tout le reste, il serait traqué, voire même pourchassé. Et ça, il ne le voulait pas, c'était trop contraignant, trop gênant. Il fallait quelque chose de plus subtil, de plus efficace. Quelque chose d'élaboré et de mis en scène. Mais rien ne semblait l'aider à se diriger dans cette direction, car rien ne semblait se mettre en place pour l'aider. Comme si le destin s'acharnait contre lui dans ses manigances mégalomaniaques. Son envie de liberté était forte, et il ne la quitta jamais durant les années qui précédèrent son arrivée dans ce dernier asile. Et cette fois-ci non plus, il ne la quitta pas. Toujours attaché à ce désir violent, il avait fini par se décider à collaborer avec les autres. À se montrer moins brusque et irascible. Tout était calculé et contrôlé, il se laissait aller lentement vers une fausse mise en scène de paix intérieure et se laissait parfois aller à des crises d'ultra-violence, pour rendre son jeu plus réel et plus crédible. Et l'on n'y vu que du feu. Parce qu'il était suffisamment intelligent et manipulateur pour savoir parfaitement faire son horrible besogne.  

Plus vieux, plus sage et plus serein, parce qu'il avait fini par se forger une personnalité plus imposante qu'auparavant ; Teddy était devenu le parfait maître de lui-même et de tout ce qui l'entourait, de tout sur quoi il pouvait avoir une emprise. Et c'était donc sans problème qu'il allait entrer dans ce nouvel enfer qui deviendrait son chez-lui, jusqu'à ce qu'il en sorte. Libre.


On l'avait traité comme le pire de tous les criminels, alors qu'il n'avait fait que tuer son père, rien de plus et personne d'autre. Gaspillant du temps, ils l'avaient fait descendre de ce bus avec lenteur, sous le regard intrigué de certains patients qui avaient le droit de sortir dans la cour de l'asile, et sous les yeux inquiets des infirmiers qui les surveillaient à l'extérieur. Les mains serrées contre lui, il avançait difficilement, puisque les menottes qui les retenaient étaient liés à une chaine jusque ses pieds. Son visage trop pâle gardait les sourcils froncés et il lançait des coups d'oeil aux gens à qui ils croisaient la route. De chacun de ses côtés, ces deux hommes en blousons bleus, l'un d'eux portait un pistolet à sa gauche, tandis que l'autre le portait à sa droite, à proximité de Teddy. Et pendant un court instant, il s'était dit qu'il pourrait essayer de le lui prendre ; avant de finalement se résoudre à ne pas le faire, pour éviter de se faire enfermer dans quelque chose d'encore plus terrifiant que là où on allait le faire séjourner cette fois-ci. Fixant les quelques infirmières qui croisaient son chemin de trop près avec un regard insistant qu'il ne détachait d'elles qu'après ne plus pouvoir tourner la tête, il s'amusait de les effrayer de la sorte et se mettait même à souffler de rire sous les soupirs de son escorte musclée.

Presque trainé de force jusqu'à l'intérieur du bâtiment, parce qu'il avait le pas lent, Teddy se laissa cependant faire, sans protester et sans se montrer réticent ou agacé. Parce qu'il savait qu'il allait devoir se montrer docile et obéissant, pour qu'on le laisse tranquille les premiers jours. Depuis le temps qu'il trainait d'hôpitaux en hôpitaux, il avait compris les fondamentaux de leurs fonctionnement ; et alors qu'on continuait de le faire avancer, il mémorisait ce qui l'entourait. Pour mieux connaître son prochain enfer. Puis presque jeté dans un bureau, on l'avait fait s'asseoir avec rapidité et force, pour finalement attendre une vingtaine de longues minutes silencieuses l'arrivée d'un directeur au visage sévère et sombre de méchanceté. C'était un homme mauvais, qui ne se privait pas de mener la vie dure à ses patients, pour le simple plaisir d'assurer sa dominance sur ces gens malades. Il n'en avait que faire de leur bien-être, et peu importe leur état, il les traiterait tous de la même façon, comme des moins que rien. Il n'avait pas salué Teddy en entrant dans son bureau, et lui avait juste jeté un regard désintéressé en s'asseyant. Et silencieusement, il avait parcouru son long et épais dossier. Dans lequel on retrouvait les traces de ses innombrables transferts et une interminable liste de notes de différents médecins et psychiatres. La plupart parlaient de sa violence, de son indifférence pour les autres, et surtout de sa tendance à vouloir manipuler tout ceux qui l'entouraient. « On va faire simple, Teddy. Tu suis mes règles, et tout se passera bien pour toi. Tu n'les suis pas et ce n'sera pas un transfert, mais la camisole et l’isolement. Privé de bouffe solide et d'boisson. Juste de quoi ne pas mourir. On est d'accord ? » l'adolescent se contenta de hocher la tête, sans rien dire. La mâchoire serrée. Et aussi rapidement, Teddy avait été envoyé dans sa nouvelle chambre.

Et pourtant, il ne se retint pas pour traiter Teddy de la même façon. Le poussant toujours à bout, l'appelant Theodore, se moquant de sa relation avec sa mère, à tel point que celui-ci perdait patience et self-control. S'échouant dans de nouvelles crises de violence et de colère, si longtemps qu'on avait fini par le faire enfermer en isolement plusieurs jours de suite presque chaque semaine. Pour le plus grand plaisir de ce sadique de directeur. Malheureusement pour lui, Teddy n'eut pas l'air d'être affecté par ce traitement, pire encore il avait même de se porter encore mieux. Parce qu'il avait compris le comportement de cet exécrable personnage, et plier devant lui aurait été trop facile ; non, il allait le torturer autant que lui torturait les autres. Il devint de plus en plus invivable, de plus en plus terrible et insupportable, si bien qu'on commença à ne plus jamais le voir sortir d'isolement. Et les rares fois où il en était retiré, il restait calme quelques jours, avant de semer le plus insondable de tous les chaos. Hurlements, coups et attaques, il était un véritable monstre. Si dangereux qu'il s'était même décidé à se taillader les poignets comme coup de grâce, mais aussi par fascination morbide ; il voulait voir à quoi ressemblait la mort. Et il avait réussi.

Il avait frôlé la mort et n'avait rien aperçu. Pas de lumière blanche, pas de paradis, pas de flammes. Le néant complet, et ça l'avait rassuré. Il s'était dit qu'il n'y avait rien à craindre de la mort et qu'il n'y aurait rien à tirer de la vie. Et au travers de ses découvertes philosophiques, il avait trouvé une sorte de sérénité, une espèce de paix artificielle quand bien même il n'était pas en conflit à l'intérieur de ses pensées ; mais ça l'avait rassuré en tout cas. Et tandis qu'il découvrait l'absence de sens de la vie, on l'avait ramené et c'était ce directeur amer et sadique qu'on fit accuser de tout cela, après s'être rendu compte de ses méthodes douteuses et illégales. Il fut renvoyé, radié et emprisonné puis un autre vint le remplacer. Bienveillant et dévoué.

the lady in vermillion
Quelques années d'emprisonnement passèrent et s'écoulèrent, tout était long et lent. Teddy s'ennuyait presque, s'il n'avait pas eu pour terrible occupation de s'en prendre aux autres. Et en particulier de s'en prendre à celui qui avait eu la malchance de partager une chambre avec lui. Leurs deux lits se faisaient face, et ils n'y avait rien d'autre. La subtilité de l'art manipulateur de Teddy était cependant tellement élaborée qu'il arrivait à berner son entourage, aucun des infirmiers ne fut en mesure de lire au travers de sa mascarade ; en particulier parce qu'ils n'étaient pas vraiment très formés à ce niveau-là. Le pauvre qui partageait la chambre passait juste pour un paranoïaque, d'autant qu'il l'était déjà avant d'arriver ici. Mais cette fois-ci, c'était comme s'il avait encore plus chuté dans sa maladie alors que Teddy semblait s'améliorer depuis le changement de direction. Il s'était fait volontairement plus calme et moins violent, obéissant même. Et tant à la fin qu'on décida de lui accorder le droit de reprendre contact avec sa mère, qui s'était empressée de le rejoindre dès le premier jour où ces visites lui furent accordées, parce qu'il avait apparemment changé.

« Mon petit ourson... » dit-elle en posant ses mains agitées et âgées par le temps sur celles de son fils. La voix tremblante et les yeux humides, elle était émue de le revoir après si longtemps, ses longs cheveux bruns étaient devenus gris et son visage était tiré par de nombreuses rides qui le tordaient en une constante moue d'angoisse et de terreur. « Tu m'as tellement manqué... » continua-t-elle, les yeux plus humides qu'avant. Teddy croisa son regard et resta silencieux quelques instants avant de se rapprocher et de répondre « Tu m'as manquée aussi, maman... Tellement manquée. » d'une voix qui se brisa en milieu de phrase, pour laisser apparaître quelques larmes dans son regard livide et puissant. « J'veux rentrer, maman. J'en ai marre de ça. Je veux rentrer. » soufflait-il en baissant la tête avant de laisser ses lèvres se déposer sur le dos des mains de sa mère bien-aimée. « Je sais, mon tout petit, je sais... » répondit-elle ensuite, avant de lui passer une main sur la joue, aimante et attendrie par les manigances de son fils. « Mais ils ne te laisseront pas sortir avant très longtemps ou en tout cas pas sans raison. Il faut que tu changes. Que tu ailles mieux. » ajouta-t-elle en levant les yeux vers le haut, puis vers l'extérieur. Elle voulait tant retrouver son fils, l'avoir près d'elle. Et lui aussi, il voulait tant partir et retourner à ses côtés. Retrouver une sorte de vie normale et ordinaire, une vie loin de tous ces cinglés. Mais rien n'allait le permettre. Du moins, pas immédiatement.

Ils restèrent quelques instants de plus à se parler de choses inintéressantes et à échanger quelques enlacements quand on vint la chercher pour lui dire que la visite était terminée, comme s'il s'agissait d'une prison et que le temps était restreint. Mais au lieu de partir, Teddy resta là, la tête baissée à faire le garçon dévasté et noyé dans ses sanglots. Mais dès lors que sa mère avait disparu, il s'était mis à rire, en redressant la tête, parce qu'il avait tout compris. Tout était enfin devenu clair, il avait besoin d'un alibi pour sortir. Une pauvre âme qui lui servirait d'outil, quelqu'un de fragile et de manipulable. Quelqu'un avec qui il pourrait faire mine de se lier et grâce à qui on le considèrerait réhabilité à vivre. Dès lors, un plan commença à germer dans son horrible esprit de dément.

Difficile à satisfaire et pointilleux comme il était, il eut bien du mal à trouver la proie idéale. Ceux qui l'entouraient n'étaient pas assez fragile pour lui, ou bien trop dangereux, peut-être même trop fou pour certains. Cherchant la cible parfaite, il ne parvint à trouver qu'au bout de quatre longues années d'ennuyeuses constatations. Mais ça arriva finalement. Une jeune femme un peu plus jeune que lui, aux cheveux roux, comme lui. Elle était physiquement attirante, et quand bien même ils restèrent longuement bien loin l'un et l'autre, Teddy parvint à l'approcher finalement. Construisant lentement et avec la plus grande de toutes les précautions une sorte de relation avec elle. D'abord amicale, basée sur quelques confidences inventées et des histoires improvisées pour continuer à maintenir cet amour platonique entre eux, se forçant à rester distant au départ, pour maintenir une sorte d'atmosphère mystérieuse et compliquée à comprendre ; quelque chose de brouillon et flou.

Puis au fil du temps, à force de ressentir l'attachement de la jeune femme, il su que ce fut le moment de se sacrifier pour faire en sorte de rendre la chose plus crédible, auprès de sa victime comme des médecins qui s'occupaient d'eux. Feignant facilement l'amour, parce qu'il avait vu tant de choses qui en parlaient, il se donna des airs de jeune homme amoureux, enfermé dans ses songes et ses rêves à penser à elle éveillé. Souriant et à l'allure heureuse. Calme et reposé, si bien qu'on ne vint plus du tout entendre parler de ses élans de rage et de furie. Mais ce n'était pas encore suffisant pour qu'on le croit guéri de ses troubles, alors il dût se résoudre à user de son influence sur elle pour passer au cran supérieur ; échangeant quelques baisers avec elle. Ça ne lui plaisait pas, mais c'était nécessaire pour qu'il puisse s'en aller de cette prison. Alors il continua ce jeu, jusqu'à ce qu'on les reçoive pour leur annoncer la bonne nouvelle. Ils étaient libres !

Cependant, ce n'était pas terminé. Désormais, la liberté de Teddy avait un prix, s'il s'avérait qu'on découvre qu'il avait menti sur son amour, il retournerait en asile, et l'on veillerait à ce que ce soit véritable en envoyant chaque mois un infirmier et un policier pour prendre des nouvelles d'eux. Alors ils n'eurent pas d'autre choix que de vivre ensembles.

the age of the thing
Être, c'est difficile, surtout lorsque l'on ne sait rien faire et que l'on n'a pas de diplômes. Il fallait un moyen pour vivre, quelque chose qui permettait de supporter le poids de son existence dans une vie compliquée et régie par des centaines de lois et de principes. Mais Teddy ne savait pas tout cela lorsqu'il fut finalement libéré de sa prison pour cinglés. Seul, quoi-qu’accompagné par cette Sue qu'il avait séduit par pure hypocrisie, et par volonté d'être libre. L'Ohio, comme la Louisiane où sa mère continuait encore de vivre quelques temps, ne suffisaient pas à le sustenter. Il avait besoin de beaucoup plus, de plus de vie, de plus d'action. De quelque chose de plus grand et de plus extravagant que ces ennuyeuses parties des États-Unis. Il avait besoin de se donner en spectacle et qu'on le récompense pour cela, parce qu'au final, c'était bien la seule chose qu'il était capable de faire. Quand bien même rien ne le pressentait, c'était là la seule chose qui semblait bien l'intéresser, il avait besoin d'avoir une sorte d'influence sur les autres, et même si Sue était sous son emprise, ça ne lui suffisait pas. Il fallait quelque chose de plus grand, de plus vivant. Et à force, son regard commença à s'intéresser aux affres du monde de la nuit. Alors, il commença à écumer les nightclubs et les bars locaux, pour se forger une image dans ce milieu si étrange. Et par la même occasion, se faire un peu d'argent grâce à des métiers plus ou moins raisonnables moralement.

Et au fil du temps, à force d'amasser suffisamment d'argent, il s'était dit qu'il aurait pu s'en aller sans prévenir Sue, parce qu'il en avait assez de devoir la supporter à ses côtés, vivre avec elle était devenu une plaie. Mais en même temps, il en avait encore besoin. Tant qu'on ne déclarait pas qu'il pouvait faire sans elle, il allait devoir se la coltiner jusqu'à la fin. Mais il n'en avait tellement pas envie... Contraint par tout cela, il eut envie à un moment de la tuer. Ce qu'il ne fit cependant pas, à son grand regret. Au lieu de cela, il vint continuer mettre en scène son existence, si bien qu'à force toute une autre mascarade se dressa pour les faire quitter l'Ohio et rejoindre Los Angeles. La célébrité, une histoire compliquée pour si peu de choses d'autres que son corps et ses tendances à traverser les nightclubs.

Money, success, sex, drugs, fame, glamour.


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Teddy - the morning star
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